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Black-out : et si c’était demain, seriez-vous vraiment prêts ?

Plus d'électricité.


Plus de réseau.


Plus de téléphone.


Plus d'accès aux systèmes.


Un blackout ne plonge pas seulement une société dans le noir :

il désorganise tout ce qui permet de décider, de coordonner et d'agir, que vous soyez à la tête d'une organisation ou d'une famille.


Et quand les repères disparaissent, ce sont les réflexes qui prennent le relais.



Nous vivons dans des sociétés conçues pour fonctionner en continu. Électricité, numérique, transport, logistique, télécommunications : tout est lié. Le blackout survient lorsque cette continuité se brise. Ce n'est pas seulement une panne.


C'est un effet domino qui peut

faire basculer, en quelques heures,

une organisation, une ville

ou un pays entier.


Et dans ce système, il y a deux réalités qui s'entremêlent, celles des :

  • Organisations qui doivent maintenir leurs activités;

  • Familles qui doivent tenir, protéger les leurs et faire face à l'incertitude.



Une rupture plus rapide qu'on ne l'imagine


Pendant longtemps, le blackout a été perçu comme un scénario rare, presque exceptionnel. Pourtant, les exemples récents montrent qu'il suffit parfois d'un incident limité pour provoquer une désorganisation massive.


Le Québec l'a connu lors du verglas de 1998. Plus récemment, une mise à jour logicielle a paralysé des milliers d'organisations à travers le monde. Puis, en 2025, une panne majeure en Espagne et au Portugal a rappelé à quel point une rupture énergétique peut rapidement affecter les transports, les communications, les services essentiels et l'économie.


Chaque fois, le même constat revient :


les infrastructures tombent vite,


mais la capacité à décider, à communiquer et à se coordonner — dans les organisations comme dans les foyers — se dégrade encore plus rapidement.



Ce qui manque vraiment lors d'un blackout


Quand on pense à un blackout, on pense d'abord à l'absence d'électricité. Pourtant, ce n'est souvent pas ce qui déstabilise le plus.


Ce qui manque très vite,

ce sont les repères.


Les informations sont partielles, contradictoires ou indisponibles. Les outils habituels cessent de fonctionner.


Les équipes ne savent plus qui décide, quelles priorités maintenir ou comment communiquer.


Très rapidement, les organisations entrent dans une forme de brouillard. Chacun cherche à comprendre ce qui se passe pendant que les problèmes s'accumulent.


Pour une famille, c'est la même désorientation, mais dans un registre différent. Comment savoir où sont les proches ? Comment gérer un enfant, une personne âgée ou un proche vulnérable sans téléphone, sans information fiable, sans repères clairs sur la durée de la panne ?



La pression émotionnelle s'ajoute alors à la confusion logistique.


C'est dans ce contexte que certaines erreurs reviennent presque toujours.

  • La première consiste à attendre trop longtemps avant d'agir. Beaucoup espèrent que la situation va se rétablir d'elle-même et retardent les décisions importantes. Un plan inutilisable sous pression, c'est comme ne pas en avoir.

  • La deuxième erreur est de croire que les outils habituels resteront disponibles. Beaucoup d’organisations continuent de compter sur le téléphone, le courriel, les plateformes numériques ou les accès informatiques alors que ces moyens peuvent devenir inutilisables en quelques minutes. Sans solution alternative prévue d’avance, la coordination devient très difficile.

  • Enfin, beaucoup sous-estiment les effets en cascade du blackout. On pense souvent d’abord à l’électricité, mais très vite ce sont aussi les communications, les transports, les paiements, l’approvisionnement, les accès aux bâtiments ou même l’eau qui peuvent être touchés. Se préparer uniquement pour une panne de courant, c'est ignorer la moitié du problème.



Quand les plans ne suffisent plus


Beaucoup d'organisations disposent de plans, de procédures ou de documents de continuité. Mais dans une situation de rupture, ces documents ne suffisent pas toujours. Un plan ne sert à rien si les personnes ne savent pas où il se trouve, qui doit l'activer ou comment l'appliquer sans outils numériques.


Ce qui fait la différence, ce sont les réflexes. Savoir quelles activités doivent absolument continuer. Savoir qui prend les décisions. Savoir comment rejoindre les équipes, informer les partenaires, protéger les personnes vulnérables ou gérer les premières heures.


Il en va de même pour les familles. Ce n'est pas le moment d'une crise que l'on décide où se retrouver, ce que l'on a en réserve ou comment on prend soin des plus fragiles. Ces décisions se prennent avant, à froid, ensemble.


Les organisations et les familles qui résistent le mieux ne sont pas nécessairement celles qui ont le plus de procédures. Ce sont celles qui ont pris le temps de tester, d'exercer et de clarifier leur fonctionnement avant que la crise ne survienne.



Passer du risque théorique à la préparation concrète


Le blackout ne peut plus être considéré comme un scénario lointain ou exceptionnel. Il doit devenir un sujet de préparation concret — autant pour les organisations que pour les citoyens et leurs familles.


Comment fonctionner sans électricité ? Comment maintenir une coordination minimale ? Comment continuer à décider alors que les informations circulent mal ? Comment protéger les personnes les plus vulnérables, au bureau comme à la maison ?


C'est précisément pour répondre à ces deux réalités que Crise & Résilience organise une journée spéciale « Blackout » à Paris. Une journée conçue autant pour les professionnels que pour les citoyens : vivre un scénario réaliste, tester ses réactions, identifier ses vulnérabilités — en tant qu'organisation et en tant que famille — et repartir avec des actions concrètes à mettre en place.


Car lorsqu'un blackout survient, il est déjà trop tard pour commencer à réfléchir à ce qu'il aurait fallu prévoir.


Alexandre Fournier




 
 
 

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