La Roumanie teste la résilience face au risque sismique majeur
- La direction

- il y a 5 jours
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Le 21 juin à 07H41 un séisme d’une magnitude 7.3 frappe la zone de VRANCEA !
L’épicentre est localisé sous la ville de NEHOIU à 174 kilomètres de BUCAREST !
Un scénario qui pourrait être réel mais qui n’est que le début d’un exercice de simulation de gestion de crise.

La Roumanie est le pays de l’Union Européenne le plus exposé à un tremblement de terre majeur.
L’histoire roumaine nous rappelle tristement les catastrophes de 1940, 1977 et 1986 ou des séismes majeurs ont provoqué d’énormes dégâts immobiliers et de nombreuses victimes !
Les autorités roumaines Département des Services d’Urgences (DSU) via le secrétaire d’état et directeur Monsieur Raed Arafat (médecin urgentiste et créateur du réseau SMURD en Roumanie) travaillent depuis de nombreuses années sur le risque sismique et la protection civile.
En octobre 2018, un premier exercice national de simulation (SEISM 2018) d’une catastrophe d’un séisme majeur sur plusieurs jours avait été organisé.
Le but de la manœuvre est de tester le matériel, la chaine de commandement et se préparer à la résilience dans une situation fortement dégradé et pousser les limites et les capacités techniques et humaines au maximum.
Un tremblement de terre n’est pas un
événement cyclique et son déclenchement
est imprévisible.
La préparation, les formations et les sensibilisations sur le risque sont les seuls moyens pour se préparer efficacement à traverser ce type de catastrophe naturelle.
Les services de secours roumains par les diverses coopérations étrangères ont acquis l’expérience et le professionnalisme pour intervenir et affronter ce type de mission.
Sur les dernières années, la Roumanie a développé son service d’intervention des secours avec des dotations d’équipements et véhicules modernes adaptés aux situations extrêmes.
Les autorités connaissent la situation du parc immobilier de Bucarest. Beaucoup d’immeubles expertisés ont déjà encaissé de puissants séismes 1940 (7.4) – 1977 (7.2) – 1986 (7.1) de nombreux bâtiments résidentiels sont logotés d’un point rouge sur la façade.
Point rouge qui signale l’instabilité de l’immeuble avec le risque d’un effondrement ou déformation importante si un nouveau séisme majeur venait à frapper la Roumanie.
Le secours aux victimes est une large préoccupation.
Plusieurs campagnes publiques de sensibilisation ont été lancées par le passé pour avertir des risques et des mesures à prendre en amont et lors d’un séisme.
La préparation d’un minimum vital (sac de
survie) est largement recommandée.
Les unités d’interventions roumaines services de secours sont dans leurs activités professionnelles quotidiennes en alerte à intervenir sur différents scénarios et le « jeu » d’une simulation de mise en situation d’une catastrophe naturelle comme un tremblement de terre majeur est nécessaire pour être prêt le jour ‘J’.
L’exercice inopiné SEISM 25 ConvEX-3 organisé par le secrétaire d’état Raed Arafat a été préparé soigneusement.
Il a été articulé pour assurer l’organisation des secours aux victimes mais aussi de monter des centres de recueil secours pour accueillir les sinistrés en totale sécurité et assurer des soins médicaux le soutien psychologique, apporter une source d’alimentation et un toit.
Dès les premières heures de l’exercice, des sites d’accueil ont été installés par la DSU en périphéries de Bucarest sur le tarmac de l’aéroport Aurel Vlaicu avec dans les aérogares qui ont été transformées pour la situation en immense dortoir équipé de couchages et sets d’hygiène pour accueillir des familles sinistrées.
Comme pour SEISM 2018 des observateurs étrangers de la protection civile ont fait le déplacement pour suivre toutes les manipulations de secours et d’événements injectés au fur et à mesure du déroulement de l’exercice.
Cette année les autorités roumaines ont souhaité intégrer dans la simulation diverses situations, en mélangeant le risque naturel (tremblement de terre majeur) et industriel (nucléaire) Na-Tech.
La Roumanie dispose d’une centrale nucléaire qui se situe à Cernavoda à 161 kms à l’est proche du littoral de la mer Noire. En rappel la centrale est ancienne et de conception canadienne.
Une intervention spécifique sous le contrôle des observateurs et spécialistes sécurité sûreté nucléaire a été menée pour tester les capacités d’interventions des secours sur la zone proche de la centrale nucléaire et possibles fuites radioactives.
Les chiffres clés de l’ensemble de l’exercice SEISM 25 ConvEX-3 et des moyens alloués :
Début de l’exercice national de simulation = 21 juin - durée = 5 jours / 4 nuits
26 zones géographiques à travers la Roumanie impactées par le séisme majeur
3 zones en situation dégradées = la capitale Bucarest, en province Ialomita et Calarasi
20 000 victimes fictives dont près de 4000 décès !
2500 personnes mobilisées (2100 personnels d’interventions 400 personnes civils)
325 moyens d’interventions
50 médecins urgentistes mobilisés
39 observateurs internationaux de la protection civile
6 équipes étrangères pour effectuer les recherches et sauvetages de victimes
Implication de 23 ONG
Implication des forces aériennes militaires pour les évacuations sanitaires – du ministère de la défense – du ministère de la santé.
L’exercice de simulation SEISM25 ConvEX-3 a donné l’occasion aux différents acteurs engagés une parfaite interopérabilité dans la préparation de la résilience.
La montée en puissance avec le mélange de la catastrophe naturelle mélangée au risque industriel a permis aux équipes d’interventions roumaines et internationales d’affronter des problématiques et de trouver les moyens adéquats de sécuriser les zones et protéger au maximum la population civile.
La coopération internationale et les mécanismes de secours ont permis de forger les équipes mixtes pour accélérer les interventions et sauver des victimes rapidement des décombres.
Jean François JUND
JFcontact SRL est une entreprise roumaine fondée en 2005. Son actionnaire unique JF Jund est un militaire français en position de réserve spécialiste dans le domaine de la gestion de crise et la veille OSINT
La meilleure protection est la prévention !
Il est indispensable pour chacun d’entre vous de savoir à quoi s’attendre et comment réagir au mieux lorsqu’un tel événement se produit.
Les conseils :
Pour le grand public, s’informer sur les sites spécialisés : https://www.securite-civile.interieur.gouv.fr/reagir/comment-se-preparer-face-aux-risques
Préparer un sac de survie avec un minimum qui permet de tenir 72 heures (alimentation – eau – lanterne – radio FM - médicaments (traitement)…)
Pour l’entreprise, évaluer les risques et établir un PCA Plan de Continuités des Activités.
Effectuer des simulations de gestion de crise régulières pour entrainer vos équipes à la résilience et ainsi assurer au maximum la protection des personnels et de l’outil de production.















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