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Se préparer à la résilience : le jeu vidéo comme entraînement stratégique

Et si l’un des meilleurs entraînements à la résilience se trouvait déjà entre nos mains ?


Loin du simple divertissement, le jeu vidéo devient un laboratoire d’expérimentation, d’échec et d’adaptation.


Une école discrète mais redoutablement efficace pour apprendre à décider, coopérer et tenir lorsque tout vacille.



Dans un monde de crises permanentes, la résilience ne s’improvise plus. Elle se prépare.Et si l’un des meilleurs terrains d’entraînement était déjà sous nos yeux ?


Le jeu vidéo, par la simulation, l’échec et l’adaptation, forge des compétences clés pour décider, coopérer et rebondir lorsque tout devient incertain.



Le jeu vidéo comme matrice de la résilience moderne


Le jeu vidéo n’est plus un simple produit culturel ou un loisir générationnel. Il est devenu, souvent sans en avoir pleinement conscience, un environnement d’entraînement à la complexité.


Là où nos organisations peinent encore à former à l’incertitude,


le jeu place volontairement le

joueur dans des situations

instables, ambiguës et dégradées.


Exactement celles que l’on rencontre en temps de crise.


Le joueur apprend très tôt que l’échec n’est ni stigmatisant ni définitif. Il est structurant. Chaque tentative infructueuse génère de l’information, affine la compréhension du système et prépare l’adaptation suivante.

Cette logique d’apprentissage continu est au cœur de la résilience : absorber le choc, comprendre ce qui a changé, ajuster sa réponse.



Décider sans certitude : une compétence clé entraînée par le jeu


Contrairement à de nombreuses formations traditionnelles, le jeu vidéo ne fournit que rarement une vision complète de la situation. Information partielle, signaux contradictoires, menaces émergentes, ressources limitées :

le joueur doit décider

avant de tout savoir.


Cette compétence est centrale en situation de crise réelle. Les crises ne laissent ni le temps ni le confort de l’analyse exhaustive.


Elles exigent une capacité à agir avec des hypothèses imparfaites, tout en restant prêt à corriger sa trajectoire.


Le jeu entraîne ainsi une agilité cognitive précieuse : savoir décider, observer les effets, puis ajuster rapidement. Non pas chercher la décision parfaite, mais la décision suffisamment bonne pour survivre et progresser.



Arc Raiders : une simulation ludique de la résilience collective


Le jeu vidéo Arc Raiders illustre particulièrement bien cette logique. Derrière son apparence de jeu d’action coopératif, il met les joueurs face à une succession de dilemmes typiques des environnements de crise.


L’univers est hostile, les menaces asymétriques, les ressources rares et les objectifs rarement atteignables seuls. La réussite repose moins sur la performance individuelle que sur la coordination, la communication et la capacité à renoncer ou se replier collectivement.


Les joueurs doivent en permanence arbitrer : poursuivre un objectif ou sécuriser l’extraction, aider un coéquipier au risque de perdre l’ensemble du groupe, engager un combat ou préserver les ressources.

Ces choix, souvent effectués sous stress, reproduisent fidèlement les tensions rencontrées en situation de crise réelle.


Arc Raiders entraîne ainsi une résilience collective, où la survie du système prime sur la réussite individuelle.



Des compétences ludiques directement transférables


Les compétences développées par le jeu vidéo moderne sont loin d’être abstraites. Elles recouvrent des savoir-faire directement mobilisables dans les contextes de crise :

  • Gestion du stress et des émotions : rester fonctionnel sous pression.

  • Lecture systémique : comprendre les interactions entre acteurs, contraintes et ressources.

  • Adaptabilité stratégique : modifier un plan sans s’effondrer lorsque le contexte change.

  • Apprentissage accéléré : tirer rapidement des enseignements d’un échec.

  • Résilience psychologique : accepter la perte partielle sans renoncer à l’objectif global.

Autant de compétences que l’on ne développe pas efficacement par des discours, mais par l’expérience.



Simulation et serious gaming : préparer l’imprévisible


C’est ici que le lien entre jeu vidéo, innovation et prospective devient central.


Le serious gaming ne cherche pas à divertir, mais à entraîner. Il permet de simuler des situations rares, complexes ou critiques sans exposer les individus ou les organisations à un risque réel.


La simulation ludique offre plusieurs avantages décisifs, elle :

  • Autorise l’erreur sans conséquence ;

  • Expose aux effets systémiques des décisions ;

  • elle révèle les biais cognitifs sous stress ;

  • Favorise l’apprentissage collectif plutôt que la performance individuelle isolée.

Dans un monde où les crises sont de plus en plus hybrides — technologiques, informationnelles, humaines — la simulation devient un outil d’anticipation stratégique.


Elle prépare non

pas à un scénario précis,

mais à la capacité

d’adaptation elle-même.


Une lecture prospective : vers une culture de la résilience par le jeu


À long terme, la résilience ne se décrétera pas par des plans figés ou des procédures exhaustives. Elle émergera de cultures capables d’expérimenter, d’apprendre vite et d’accepter l’incertitude comme un état normal.


Le jeu vidéo, et plus largement les approches issues du serious gaming, participent à cette transformation. Ils façonnent des esprits habitués à naviguer dans l’instabilité, à coopérer sous contrainte et à considérer l’échec comme une étape, non comme une faute.


Dans un futur où la prochaine crise est toujours déjà en préparation, ceux qui auront appris à s’entraîner sérieusement par le jeu disposeront d’un avantage décisif : la capacité à tenir, s’adapter et rebondir quand le cadre s’effondre.


La résilience commence

 peut-être là : dans cette aptitude

à rejouer la partie, autrement.


La résilience ne se décrète pas, elle s’entraîne. Face à des crises toujours plus complexes, le jeu vidéo et la simulation offrent un espace unique pour apprendre à décider, coopérer et s’adapter sous contrainte. En transformant l’échec en apprentissage et l’incertitude en moteur d’action, ils préparent les individus et les collectifs à l’imprévisible. À l’heure où la stabilité devient l’exception, savoir « jouer sérieusement » pourrait bien devenir l’une des compétences stratégiques majeures pour durer, rebondir et transformer les crises en opportunités.



Bruno De San Nicolas

Dirigeant en transformation et innovation, spécialisé dans l’alignement de la vision stratégique, des capacités organisationnelles et de l’exécution, au service d’une performance durable fondée sur la qualité de la décision et du leadership.

Développer la résilience par le jeu en 3 petites victoires


La résilience ne se construit pas par de grands plans abstraits, mais par des habitudes simples, répétées et mesurables. Inspiré du jeu vidéo et du serious gaming, voici un guide pragmatique fondé sur le principe des trois petites victoires : rapides à mettre en œuvre, à faible coût, mais à fort impact.



Petite victoire n°1 – S’entraîner à l’échec contrôlé

Consacrez régulièrement un temps court (30 à 60 minutes) à une activité ludique ou simulée où l’échec est probable : jeu vidéo exigeant, exercice de simulation, jeu de rôle de crise.

Objectif : changer le rapport à l’erreur. Après chaque échec, formalisez une seule leçon clé : qu’ai-je appris ? Cette simple routine entraîne la résilience psychologique et la capacité d’apprentissage rapide.


Petite victoire n°2 – Décider avec une information incomplète

Introduisez volontairement des contraintes dans vos exercices ou réunions : information partielle, temps limité, options imparfaites. Prenez une décision, observez les effets, ajustez.

Objectif : entraîner la prise de décision en incertitude, compétence centrale en temps de crise. Comme dans le jeu, il ne s’agit pas de décider parfaitement, mais de décider suffisamment bien et assez vite.


Petite victoire n°3 – Jouer collectif

Privilégiez des formats coopératifs : jeux en équipe, simulations à plusieurs rôles, exercices où la réussite individuelle dépend du collectif. Débriefing systématique : communication, coordination, confiance.

Objectif : développer la résilience collective, souvent plus déterminante que la performance individuelle face aux crises complexes.


Ces trois petites victoires, répétées dans le temps, installent une culture de la résilience fondée sur l’expérimentation, l’adaptation et l’apprentissage continu. Comme dans le jeu, ce n’est pas le premier essai qui compte, mais la capacité à rejouer plus intelligemment.


 
 
 

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